Faculty and Graduate Student Colloquium
Mon, October 8, 2012 • 4:00 PM - 6:00 PM • HRH 2.118
Bryan Donaldson and Anna Troyansky
Faculty and Gradute Student Colloquium
Monday, October 8, 4:00 PM
Department of French and Italian Lounge
NOTE: Both talks will be in French.
Refreshments will be served.
Bryan Donaldson: Subordonnées initiales en ancien français : syntaxe et sémantique
Cette communication traite d’un cas de variation syntaxique en ancien français, langue à verbe second (V2) en ce sens que leverbe occupe d’ordinaire la deuxième position phrastique dans les déclaratives principales. Parmi les divers types de syntagme qui peuvent saturer la première position se trouvent des phrases subordonnées circonstancielles introduites par quant (‘quand’), se (‘si’), ainz que (‘avant que’), por ce que (‘parce que, pour que’), etc. Cependant, ces subordonnées peuvent également se situer hors de la principale, dans la périphérie gauche de celle-ci. Selon Grad (1961), Skårup (1975) et Combettes (2010, la valeur sémantique de la subordonnée initiale varie en fonction de sa position à l’intérieur ou à l’extérieur de la principale. En revanche, dans la présente étude sur corpus, le sémantisme de la subordonnée n’a qu’une faible valeur prédictive sur la position syntaxique. Les données proviennent de dépouillements complets de 30 textes allant de 980 à 1308. Je suggère que la variation dans la position syntaxique des subordonnées initiales est due en grande partie à des changements dans la grammaire V2 de l’ancien français au cours du 12ème siècle.
Anna Troyansky: A-t-il été ou Est-il allé ? Etude de variation lexicale dans le français du XIX siècle
Cette communication sociohistorique portera sur la variation dans l’usage des verbes aller ou être au passé suivis (1) d’un lieu ou (2) d’un verbe à l’infinitif, comme dans les phrases:
1. a. Je suis allé à la pension. b. J’ai été à la pension.
2. a. Je suis allé voir Victor. b. J’ai été voir Victor.
Le XIXe siècle est une période où il paraît qu’il n’y a plus de valeur sémantique qui distingue les variantes aller et être l’un de l’autre et que le registre devient de plus en plus important, où aller représente le standard et être est associé au langage familier, ce qui est le cas actuellement en France. Ce travail exploite le corpus informatisé «Le projet Esternay » qui rassemble plus de 1.000 lettres écrites et/ou reçues entre 1800 et 1897 par quatre générations d’une famille. Une analyse quantitative d’occurrences révèle qu’il y a des gens qui se servent uniquement d’être, d’autres uniquement d’aller, et encore d’autres qui utilisent les deux dans des proportions différentes. De plus, les résultats montrent un changement en cours au sein de la famille. Une analyse qualitative dresse le profil des "innovateurs" et "conservateurs" dont l’usage élucide la variation, compte tenu des facteurs tels l’âge, la génération, le sexe, l’éducation, l’assiduité scolaire et la profession.




